PC - Graham Hughes

(98,5 FM) - Alors que les migrants continuent d'affluer à la frontière de Lacolle par centaines, il semble que les camps installés par l'armée ne pourront plus bientôt suffire à la tâche.

De plus les services frontaliers sont débordés et beaucoup d’agents de partout au Québec et au Canada ont été mobilisés pour venir donner un coup de main à leurs collègues de Lacolle.

À l’émission Le Québec maintenant, vendredi après-midi, Marie-Claude Lavallée s’est entretenue avec François Audet, directeur de l’Observatoire canadien sur les crises et l’aide humanitaire (OCCAH) et Patrick Lefort, directeur général régional de l’Agence des services frontaliers du Canada, section Québec.

«Ce qu’on observe actuellement est une triste réalité de ce qui se passe un peu partout sur la planète depuis très longtemps, constate François Audet. »

Selon M. Audet, le Canada avait été épargné jusqu’ici, pour des raisons géopolitiques entre autres, mais la tendance de la migration par voie terrestre touche maintenant le pays. Il fait toutefois remarquer que le nombre de réfugiés qui frappent à la porte du pays, n’a rien à voir avec le flot de migrants qui se présentent à l’entrée de pays européens.

«On n’a pas les mêmes chiffres, note-t-il. Par contre c’est une nouvelle réalité qui à mon avis est une vague de fond qui ne s’arrêtera pas rapidement.»

Par contre, il craint que l’installation de camps comme au Stade olympique ou celui installé par l’Armée canadienne envoie un double message aux demandeurs d’asile. S’il est rassuré que le traitement réservé aux réfugiés est pris en charge par la Croix-Rouge, est conforme aux normes humanitaires internationales, le fait que cela semble facile, d’obtenir un statut de réfugié lui semble inquiétant.

«Que les messages politiques soient cohérents, c’est très important, affirme-t-il. Le fait que le Canada explique qu’il y a des règles à respecter. Ce n’est pas parce que des gens se présentent à la frontière qu’ils seront systématiquement admis ou qu’on donne l’impression qu’ils seront systématiquement admis.»

Par ailleurs, selon les indicateurs statistiques utilisés par l’OCCAH, 40% des demandeurs d’asile répondent aux critères d’admissibilité au statut de réfugié.

Actuellement sur le site de Saint-Bernard-de-Lacolle, entre 1000 et 1200 personnes sont en attente du traitement de leurs dossiers, sous contrôle de l’Agence des services frontaliers du Canada, mais le camp de tentes est prévu pour accueillir environ 700 personnes.

«On est en train de regarder à accroître la capacité d’accueil pour justement être en mesure d’accommoder l’ensemble de la population des migrants qu’on retrouve ici, a dit Patrick Lefort, de l’Agence des services frontaliers.»

La situation étant hors normes, des renforts sont attendus à Saint-Bernard-de-Lacolle.

«On a sollicité dans un premier temps l’ensemble des agents frontaliers de la région du Québec pour venir en appui aux agents de Lacolle, a expliqué Patrick Lefort. Pour faire face à l’accroissement des volumes, on a étendu notre appel à tous à l’ensemble des régions (du Canada).

Une quinzaine d’agents venant des régions des Prairies, du Pacifique et l’Atlantique ont déjà répondu à l’appel.